La SPRL-Starter est un outil pertinent pour doper notre faible esprit d’entreprendre. L’UCM avait obtenu une évaluation du dispositif. Une table-ronde permettrait d’améliorer son attractivité.
Le taux d'entrepreneuriat en Belgique est trop faible (2,8% pour une moyenne européenne de 5,8%). Il fallait donc lever les freins. La SPRL-Starter va dans la droite ligne de la sensibilisation à l'esprit d'entreprendre et de la nécessité de modifier le comportement des Wallons et des Bruxellois face à l'entrepreneuriat. Cette nouvelle forme de SPRL permettait ainsi à notre pays de combler un déficit de compétitivité vis-à-vis des économies voisines, où des formes semblables d’entreprises offrent le même type d’avantages, comme la Limited Company britanique. Lors de sa création, le défi de la SPRL-Starter consistait à ne pas être reléguée comme une forme de société "de seconde zone".
Pour l’UCM qui avait demandé et obtenu une évaluation rapide du dispositif, le moment est venu de dresser un premier bilan. Une table-ronde réunissant les banques, les comptables et les notaires sur le sujet serait la bienvenue. Elle permettrait d’évaluer l'intérêt que cette nouvelle forme de société suscite chez des candidats entrepreneurs ; les relations établies avec les SPRL-S entre le dirigeant et les banques ; la viabilité des structures ; le nombre de fondateurs de SPRL-S qui ont d’ores et déjà généré suffisamment de richesse pour passer en SPRL.
Environ 1200 SPRL-S ont été créées. L’UCM estime que l’on peut rendre le dispositif plus attractif encore. Trois écueils doivent être évités. Primo, la SPRL-S est, au final, plus coûteuse qu’une SPRL classique, la SPRL-S devant muter en SPRL endéans 5 ans, les formalités administratives d’une création en SPRL-S puis d’une permutation en SPRL classique s’avérant plus onéreuse. Deusio, la SPRL-S à 1€ peut conduire à une sous-capitalisation, une mésestimation du capital nécessaire au projet et un plan financier imprécis. Un piège lorsqu’on sait que la sous-capitalisation des entreprises est une des causes principales de faillite. Tertio, les banques et les co-contractants rechignent à ouvrir des lignes de crédit aux SPRL-S, notamment en raison de la faible capitalisation et des avoirs de l’entreprise qui compromet le recouvrement des sommes prêtées. Des corrections doivent être apportées pour générer davantage de confiance entre starter, banquier et partenaires.
Clarisse Ramakers
Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), février 2012