L'entrée des jeunes sur le marché de l'emploi. De l'école à l'entreprise, plus difficile que prévu

Les jeunes qui ont terminé leurs études sont généralement optimistes. Ils pensent trouver rapidement un emploi bien payé, avec beaucoup d'avantages. La réalité est plus rude…

Une compilation de diverses statistiques indique qu'un jeune sur trois seulement choisit ses études en tenant compte de la situation sur le marché de l'emploi. Ceux qui travaillent comme étudiants souhaitent massivement un job en rapport avec leur formation, mais un sur cinq seulement trouve.Malgré ce décalage, les jeunes sont optimistes. Ils ne sont que 11 % à dire qu'ils trouveront difficilement une place. Plus de 60 % pensent au contraire qu'il ne leur faudra pas trois mois pour y parvenir.Comment s'y prendre ? Le contact personnel est privilégié. L'envoi d'une candidature après un stage réussi est effectué par 30 % des jeunes et 12 % espèrent faire jouer un "piston". Sinon, les sites spécialisés (13 %) ont dépassé les petites annonces dans les journaux (12 %).
 
Gros salaires

Fait marquant : les jeunes ont des attentes salariales trop élevées ! Ils espèrent en moyenne démarrer avec 1.500 euros net et atteindre 2.000 euros après cinq ans. Sachant que le salaire net moyen est en Belgique de 1.701 euros, c'est largement surestimé. D'autant qu'ils banalisent les avantages extralégaux : 31 % attendent un GSM de société (ils ne seront que 20 % à en disposer), 27 % un ordinateur portable (seuls 24 % en auront un) et 27 % une voiture de société (ils ne seront que 13 % à en bénéficier). Par ailleurs, ils sont de plus en plus attentifs aux plans pensions, assurances vie, titres-repas, possibilités de télétravail ou jours de congé supplémentaires. Dans la réalité, seuls 16 % des jeunes négocient leur salaire à l'embauche.L'argent n'est pas tout. Dans leur premier boulot, les jeunes veulent être heureux (76 %), gagner beaucoup d'argent (61 %), pouvoir évoluer au sein de l'entreprise (42 %), connaître d'excellents rapports sociaux (34 %) et, enfin, pouvoir relever des défis et trouver une fonction variée (25 %). De la même manière, ils envisagent de changer d'entreprise pour gagner plus (45 %), si le nouveau job a un contenu plus intéressant (34 %), si les perspectives de carrière sont plus attractives (31 %), ou encore pour mieux articuler vie familiale et vie privée (13 %).
 
Importance du diplôme

Un diplôme de secondaire supérieur plutôt que de secondaire inférieur améliore le salaire de 14,4 % (de 1.460 à 1.670 euros brut/mois). Un diplôme d'enseignement supérieur de type court permet encore un bond de 14 % (1.904 euros). Le type long génère une progression supplémentaire de 9,1 % (2.077 euros) et un diplôme universitaire apporte une nouvelle plus-value de 7,8 % (2.239 euros). Un doctorat apporte encore un bonus de quelque de 13 %.Les meilleurs salaires se trouvent dans la chimie, la médecine, les sciences pharmaceutiques (2.819 euros) et le génie civil (2.566 euros). Les jeunes qui possèdent un contrat d'apprentissage, un baccalauréat ou un master sont, pour 75 % d'entre eux, insérés professionnellement six mois après la fin de leurs études. Les titulaires d'un master en sciences ou d'un diplôme d'infirmier sont insérés à 100 % après un an. À l'inverse, ce n'est le cas que pour 12 % des jeunes qui ont suivi une filière artistique et pour 37,5 % des titulaires d'un unique diplôme d'enseignement secondaire supérieur.

Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), le 8/10/2010