Après une baisse de 20 % en 2009 – crise oblige –, le travail étudiant renoue avec la croissance. Une étude démontre que les jeunes apprécient la formule… et trouvent leurs patrons très corrects.
Selon une étude de Randstad, 71 % des étudiants de plus de quinze ans travaillent comme jobistes. Leur première motivation est le revenu d'appoint (95 %), loin devant le contenu de la mission ou l'expérience acquise. Le fruit de leur travail est souvent consacré aux vacances. Viennent ensuite les sorties, les vêtements et le téléphone portable. Près de deux tiers des étudiants épargnent une partie de leur revenu, souvent à concurrence de 30 %.Seul un étudiant sur cinq opte pour un job en rapport avec ses études ou sa formation. Les jobistes travaillent principalement dans les commerces de détail, dans l'horeca, comme employés administratifs ou encore ouvriers de production.
Ces jeunes sont globalement très satisfaits de leurs conditions de travail : 95 % des étudiants sont ainsi satisfaits voire très satisfaits du respect du contrat et 90 % d'entre eux constatent que le nombre d'heures de travail prestées est respecté.Le contrat étudiant a fait reculer le travail au noir, mais il n'a pas disparu. Il reste 13 % de jeunes qui disent travailler sans contrat. La proportion monte à 20 % chez les moins de 18 ans.
L'étude de Randstad tord le cou à deux préjugés. D'abord, il est faux de dire que le travail étudiant s'effectue au détriment du succès des études. Sept étudiants sur dix indiquent que leurs prestations n'ont aucune influence sur leurs études. Il est également inexact de prétendre que les étudiants ne travaillent qu'en été. Ils sont 66 % au boulot durant les mois de juillet, août et septembre, mais aussi 47 % en dehors de cette période. Le travail étudiant ne concurrence en rien l'emploi ordinaire et constitue un précieux apport pour les entreprises. Il permet aux jeunes de gagner un argent bien utile, mais aussi d'acquérir de la maturité et de l'expérience au contact du monde du travail. Deux tiers des jeunes souhaitent d'ailleurs un élargissement des possibilités de travailler à des conditions avantageuses en gardant le statut d'étudiant. Leurs exigences ont trouvé un écho dans la réforme de la législation.
Réforme bienvenue
En 2012 en effet, travailler comme étudiant sera plus simple et plus attractif. La réforme prévoit l'abolition des deux périodes de travail autorisé de 23 jours (juillet-août-septembre et reste de l'année) au profit d'une période unique de 50 jours sur l'année. C'est plus simple à comprendre, à gérer et il y a au passage une augmentation de quatre jours qui est bonne à prendre. Elle prévoit aussi l'abolition des taux différents de cotisations sociales (7,51 % en été ou 12,51 % hors été) au profit d'un taux unique et modéré de 8,86 %. C'est une clarification bienvenue. Enfin, un compteur en ligne sera créé pour permettre à l'employeur et à l'étudiant de vérifier le nombre de jours restant dans le contingent autorisé. Le dispositif n'est cependant pas parfait. Ainsi, la notion d'étudiant doit être précisée. Il est aujourd'hui admis qu'un jeune garde ce statut "deux mois après la fin de ses études". Mais on ne sait pas à quel moment tombe la fin des études (dernier examen, remise du mémoire, obtention du diplôme…) !
Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), le 9/09/2011