Les partenaires sociaux ont été reçus par le Premier ministre, Herman Van Rompuy, au 16 rue de la Loi. Ils étaient invités à donner leur vision du "plan national de réforme 2008-2010", concrétisant, pour la Belgique, les objectifs européens de la stratégie de Lisbonne.
Après avoir consacré beaucoup de temps et d'argent (6 % du PIB) au sauvetage des banques et adopté des mesures en matière de pouvoir d'achat, de soutien aux entreprises et de flexibilité sur le marché du travail (chômage économique), le Premier ministre réfléchit, pour 2010, à la sortie de crise. Dans ce cadre, les employeurs et les syndicats ont unanimement plaidé pour une interaction plus grande entre entreprises et universités pour la formation, le développement d'outils permettant la création d'emplois verts, une réflexion macroéconomique sur une réforme du système financier, l'insertion et le maintien des personnes à employabilité limitée sur le marché du travail, une meilleure gouvernance. La précarité des agriculteurs a été également soulignée.
L'UCM a spécifiquement plaidé pour une simplification administrative drastique et une meilleure articulation entre l'Etat fédéral et les entités fédérées. En effet, un fédéralisme imparfait génère des coûts indirects à charge des entreprises. L'UCM a en outre rappelé l'importance de la transposition de la directive européenne sur les services, qu'il faut envisager comme une opportunité pour supprimer les législations impropres. Il faut aussi veiller à garder des balises : l'implémentation de cette directive doit s'accompagner du maintien de certaines autorisations et procédures relatives à l'accès ou à l'exercice d'un service par un ressortissant d'un Etat membre en Belgique.
L'UCM a également rappelé au Premier ministre quelques vérités : les indépendants et les petits employeurs sont eux aussi fortement touchés par la crise. Les faillites explosent. L'accès au crédit, malgré la recapitalisation des banques, est difficile pour les PME. L'Etat et les pouvoirs publics demeurent toujours de très mauvais payeurs vis-à-vis des entreprises.Les partenaires sociaux ont enfin souligné la plus-value incontestable de la concertation sociale en Belgique, rappelant le compromis dégagé dans le récent accord interprofessionnel : soutien du pouvoir d'achat pour les travailleurs et baisses de charges pour les entreprises.
Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), le 26/6/2009.