Le défi des seniors

Le taux d’emploi des seniors est en constant recul depuis trente ans. Une menace directe pour le financement de nos pensions.

Le vieillissement actif est un objectif de tous les pays européens. Il permet de limiter la hausse du poids des retraites dans le PIB, d’augmenter la population active et de mieux mutualiser la charge des cotisations. En Belgique, ce défi est crucial pour l’avenir de nos pensions. Quelques chiffres suffisent à s’en convaincre. En 2010, le coût des pensions s’élevait à 33,7 milliards d’euros, soit 8,9 du PIB. Ce coût devrait augmenter annuellement de 2% jusqu’à l’horizon 2050. Par ailleurs, au début des années nonante, la population belge comptait quatre personnes en âge de travailler par personnes âgées. Ils ne seront plus que deux en 2050.

Pour garantir le paiement de nos retraites, parallèlement à une réforme copernicienne du financement de nos pensions, il convient de relever le taux d’emploi de nos seniors, actuellement figé à 37,3%. Malgré une progression de 7% en dix ans, la Belgique demeure 11% en-deçà de la moyenne européenne et occupe toujours l’avant-dernière place en Europe occidentale.

Le Gouvernement a adopté des mesures cosmétiques au regard des enjeux. La prépension n’est pas supprimée mais toilettée. Elle s’appelle désormais « chômage avec complément de l’entreprise ». Les critères d’âge pour y accéder sont plus restrictifs. Le Pacte des générations sera évalué afin d’y apporter des mesures correctrices. Adopté fin 2005, ses effets se sont jusqu’ici révélés très médiocres. L’âge minimum pour accéder à la retraite anticipée sera fixé à 62 ans… en 2016. Le bilan social fera demain apparaître une ventilation des données en fonction de l’âge des travailleurs. Enfin, certaines périodes d’inactivité durant la carrière seront pondérées négativement dans le calcul des pensions.

Idea Consult a récemment sondé les entreprises afin de connaître les leviers efficaces pour maintenir nos seniors sur le marché de l’emploi. Il convient d’abord que le travailleur âgé coûte moins cher. Le SPF emploi affirme qu’un travailleur âgé de 60 à 64 ans gagne, en moyenne, 140% d’un salaire d’un travailleur âgé de 40 ans alors même que sa productivité baisse. Un héritage, sans doute, des barèmes liés à l’âge. Des réductions de charges pour les plus de 50 ans et une intervention publique à l’embauche seraient les bienvenues. Médiatiser, ensuite, les outils existants. Une PME sur quatre déclare ne connaître aucune des grandes mesures de promotion de l’emploi pour les plus de 50 ans. Les entreprises sont favorables à la suppression du droit à la prépension pour les travailleurs de moins de 60 ans. Enfin, il convient de changer les mentalités. De 1970 à 2011, le pourcentage d’hommes issus de la tranche des 60-64 ans actifs au sein du marché du travail est passé de 61% à 25%. Aujourd’hui, malgré les crédit-temps, les titres-services, l’augmentation du bien-être au travail, d’aucuns considèrent comme un droit acquis le départ du marché du travail dès 55 ans. Et font reporter le coût aux générations actives et futures. La solidarité intergénérationnelle souhaitée par le Pacte des générations est encore à construire.

Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), mars 2012

Penser simple d'abord

Les charges administratives ont augmenté de 7% entre 2008 et 2010. Elles représentent 6,35 milliards d’euros à charge quasi exclusive des indépendants et PME. Le Gouvernement fédéral s’engage à les réduire d’un tiers d’ici 2014.

Les PME

Le récent rapport du Bureau du Plan indique que les charges administratives pesant sur les entreprises belges pour l’année 2010 atteignent 5,07 milliards d’euros, soit 1,43% du PIB. Cette charge est principalement assumée par les petites entreprises, occupant entre 1 et 9 travailleurs et représentant 84% des entreprises belges. Ces TPE déboursent annuellement 41.543 euros (dont 18.589 euros pour recourir à des services externes) pour faire face à leurs obligations administratives. Une charge énorme au regard de leurs capacités financières. Ainsi, le montant des charges administratives entraîne un surcoût horaire de 3,29 euros pour les petites entreprises (soit 500 euros par collaborateur et par mois), de 1,04 euros pour les entreprises de taille moyenne et seulement 0,34 euros (dix fois moins !) pour les grandes entreprises.

Les entreprises perçoivent une complexité administrative dans les matières relatives à l’emploi et à l’environnement. En Région wallonne, six entreprises sur dix estiment que les charges administratives liées au marché du travail ont fortement augmenté. Les entreprises bruxelloises perçoivent des charges plus importantes dans les matières liées à l’environnement.

Les entreprises reconnaissent que les réglementations font l’objet de davantage de publicité. Les grandes entreprises estiment que le contact avec les administrations s’améliore. Les PME sont plus mitigées.

Les indépendants

Les charges administratives pesant sur les indépendants sont estimées, pour 2010, à 1,28 milliards d’euros, soit 0,36% du PIB. 59% de ces dépenses sont des coûts internes, soit les formalités dont les indépendants se chargent eux-mêmes ; le reliquat étant généré par le recours à des services extérieurs. Un indépendant débourse annuellement, en moyenne, 3170 euros pour affronter les démarches administratives. Près de deux tiers des indépendants estiment que les charges réglementaires liées à l’environnement ont fortement augmenté. Les indépendants, comme les entreprises, portent un meilleur jugement sur la qualité de leurs contacts avec l’administration que sur la qualité de la réglementation.

Des objectifs (trop ?) ambitieux

La complexité administrative fait de l'État, sans qu'il le veuille, un adversaire de la croissance. Le gouvernement fédéral ambitionne une réduction des charges administratives endéans deux ans. Si les entités fédérées et locales emboitent le pas, cela générerait 1,905 milliards d’euros qui seraient demain utilement consacrés à la consolidation et la croissance des projets économiques.

Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), mars 2012